
Elle s'endort sous le brouhaha d'une télévision usée et sous les murs démolis par la fumée de cigarette et les histoires de sexe inachevées. Elle se demande souvent pourquoi elle agi d'une certaine façon. Elle blâme le tout sur l'esprit voyageur du paternel et l'agressivité d'une génitrice insouciante. Elle se convainc qu'elle ne vieilliera jamais. Elle se nourrit d'un rêve dans lequel les hommes sont à ses pieds. Elle est consciente que ses atouts sont réfugié dans l'ensemble de son charisme.
Elle est polie, mais silencieusement désire/pense à interrompre la vie des gens qui la répugne. Certains jours , elle paresse chez elle , assurée qu'elle est trop laide pour sortir . Certains jours, elle sort de chez elle sous la délicieuse pensée qu'il existe des gens plus laids qu'elle, patinant les rues glacées de Montréal.
Elle répond rarement à son téléphone , mais elle écoute attentivement ses messages.
Rapelle rarement, mais pense à le faire - éventuellement.
Elle juge mais accepte , sous la pression des pairs.
Elle applique méticuleusement une crème hydratante sur sa peau sèche, après une douche trop chaude. Elle lit un livre, une page à la fois, essaie de ne pas sauter de mots, et souvent se perds dans ses pensées, et recommence.
Parfois elle se fâche et lance les choses qui se trouvent près d'elle.
Parfois les choses rebondissent et la frappe au visage, et elle rit - fort.
Elle machouille une pomme, sachant très bien qu'une mineure réaction allergique se manifestera bientôt, un mince chatouillement de la gorge - et peut-être même des rougeurs au cou... mais elle aime les pommes.
L'homme qu'elle aime est fort, mais fragile. Elle lui laisse l'espace requis, s'en mordant les doigts par la suite , réalisant à quel point il lui manque.
Elle parcoure son corps, le matin, lorsque sa peau est douce et reposée, et murmure son nom. Il brille chaque fois par son absense, mais elle le crée. Elle se trouve belle, emmitouflée dans son duvet , le soleil rayonnant sur l'oreiller à sa gauche.
Elle se trouve belle le matin , point.
Elle tente de comprendre les relations humaines , de façon générale. Sa vision des choses est " vivre et laisser vivre " , mais elle se surprends souvent à détester, hair, chialer et rejeter . Elle voudrait changer ca , mais se dit que "c'est dans les gènes" , alors à quoi bon?
Elle prends soin d'elle, tout de même. Se prélasser n'est plus de mise , elle s'active au travail , et dans ses occupations. Elle sourit à une jolie fille au gym, sachant très bien que celle-ci espère plus , mais n'a aucunement l'intention d'aller plus loin. Elle n'est pas lesbienne - elle est simplement capable d'apprécier la beautée farouche d'une femme , après un entrainement.
Elle passe de long moments à fixer les gens , leurs mouvements. Elle s'imbibe de ce qui l'entoure, et parfois verse une larme durant un film. Plus souvent qu'autrement, elle se retient pour ne pas s'écraser au beau milieu de la rue , et crier ce qui l'habite.
Ses mains deviennent moites lorsque l'absent daigne lui jeter un regard , et son coeur bat à tout rompre lorsqu'il prononce son nom. Sa bouche lui donne des ailes et elle se perds sous le frottement du jeans égaré , contre sa cuisse nerveuse.
Parfois, elle se sent sorcière et l'entraîne dans son tourbillon d'idées, sachant qu'il ne souhaite que s'échapper de l'envoûtement étourdissant qu'elle lui procure.
Elle ne parle jamais vraiment de musique, elle aime ce qu'elle aime, et ca se termine là. Même quand elle décide de partir plus tôt, elle manque son autobus - sa ruée vers un travail lassant d'où elle s'enfuit trop souvent pour aller s'évader le coeur ( crayon et papier à la main ) dans une toilette ultra propre qui sent les fleurs synthétiques.
- To be continued....
M.
